Enferrer (verbe)
Définition de l'Académie française (éd. 1986)
| Verbe |
XII e siècle. Dérivé de fer.
I. V. tr. Percer avec la pointe d'une arme blanche. Enferrer son adversaire.
II. V. pron.
1. Se transpercer en tombant de soi-même sur l'arme de son adversaire. Il s'est enferré jusqu'à la garde.
2. . Mordre à l'hameçon. La truite s'est enferrée.
3. Fig. Tomber dans son propre piège, s'engager imprudemment par ses paroles ou ses actions dans une voie d'où l'on ne peut plus se dégager. Cette affaire où il s'est enferré a causé sa perte. Le prévenu est en train de s'
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
Percer avec la pointe d'une épée, d'une baïonnette, etc. "Enferrer son ennemi. Il s'est enferré lui-même. Ils se sont enferrés l'un l'autre."
S'ENFERRER signifie, figurément et familièrement, S'engager imprudemment par ses paroles ou ses actions dans une voie d'où on ne peut plus se dégager. "Cette affaire où il s'est enferré a causé sa perte. Laissez-les parler, ils s'enferreront d'eux-mêmes."
Dictionnaire d'Emile Littré
| Verbe |
1 Enfoncer le fer d'une arme dans le corps de quelqu'un. Enferrer son adversaire.
2 Placer les coins de fer dans les joints des blocs d'ardoise.
3 S'enferrer, v. réfl. Se percer de l'épée de son adversaire. Il s'est enferré lui-même. Ils se sont enferrés l'un l'autre.
CORN.: « Quand elle s'enferrerait d'elle-même par désespoir, en voyant son frère l'épée à la main »
Fig. S'embrouiller, se prendre à ses propres paroles, à ses propres piéges, se compromettre.
MOL.: « Courage, s'il se peut
SAINT-SIMON: « Laval se garda bien de s'
LESAGE: « Il vaut mieux, interrompit Pompée en s'enferrant de lui-même, faire transporter ici vos coffres »
BEAUMARCH.: « Je me suis enferré de dépit »
HISTORIQUE
XIIIème siècle
Chr. de R. p. 76: Qui lor veïst d'une part et d'autre haubiers roller, glaives enfierer [garnir de fer les lances], pourpoins et cuiries [cuirasses] et escus enarmer
XIVème siècle
Guesclin. 12349: Il disoit aux Englois : alez-moi escoutant ; Si tost que vous irez les François enferrant, Et qu'il seront poussé puissamment en boutant
XVème siècle
FROISS.: « Là fut le connestable de France enclos et pris de eux, et tiré en une chambre et enferré [enchaîné] de trois paires de fers »
XVIème siècle
RAB.: « Avecques telz dardz, on premier coup il enferra le physetere sur le front »
AMYOT: « Il s'en fallut bien peu qu'il ne s'enferrast en ces pauz [pieux] fichés »
O. DE SERRES: « Bien aviser de vous garder d'estre enferré, en contractant inconsiderement avec un mauvais vendeur »
CHARRON: « Aussi estant enyvré de cette intention violente, on s'embarrasse, on s'enferre.... »
ÉTYMOLOGIE
En 1, et fer.
Signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Verbe |
Percer avec une épée, une pique, une hallebarde, un épieu, etc. "Enferrer son ennemi."
Il s'emploie avec le pronom personnel. "Il s'est enferré lui-même. Ils se sont enferrés l'un l'autre."
Il signifie, figurément et familièrement, Se nuire inconsidérément à soi-même par ses paroles, ses raisonnements, sa conduite. "Il s'est enferré lui-même en nous contant son affaire. Laissez-les venir, laissez-les parler, ils s'enferreront d'eux-mêmes. Son argument prouve le contraire de ce qu'il veut établir, il s'est enferré lui-même."
Ancienne définition de 1798 (Académie Française)
| Verbe |
Percer avec une épée, une pique, une hallebarde, un épieu. "Enferrer son ennemi".
Il s'emploie avec le pronom personnel. "Il s'est enferré lui-même".
On dit figurément et familièrement, "S'enferrer," pour dire, Se nuire inconsiderément à soi-même par ses paroles, ses raisonnemens, sa conduite. "Il nous a conté son affaire, et en nous parlant il s'est enferré lui-même. Laissez-les" "venit, laissez-les parler, ils s'enferreront d'eux-mêmes. Son argument prouve le contraire de ce qu'il veut établir, il s'est enferré lui-même".
Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
| Verbe |
Percer avec une épée, une pique, une halebarde, un épieu. "Enferrer son ennemi. Il s'est enferré lui-même."
On dit figurément, "S'enferrer," pour dire, Se nuire inconsidérément à soi-même par ses paroles, par sa conduite. "Il nous a conté son affaire, & en nous parlant il s'est enferré lui-même. Laissez-les venir, laissez-les parler, ils s'enferreront d'eux-mêmes."
Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
| Verbe |
["Anfêré": 2e "ê" ouv. et lon. "r" forte, 3e"é" fer.] Percer avec une épée, une pique, etc. '"Enferrer" son énemi. 'Il "s'est enferré" lui-même. = Au fig. "s'enferrer", c'est dans un discours, dans une interrogatoire, dire ou avouer des chôses, qui font contre nous; se nuire à soi-même par ses paroles ou sa conduite.
Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)
| Verbe |
Percer avec une espée, une pique, une halebarde, un espieu. "Enferrer son ennemi.
Il est aussi neutre pass. "Il s'enferra luy-mesme dans l'espée de son ennemi. il s'est enferré luy-mesme".
On dit fig. "S'enferrer," pour dire, Se nuire inconsiderément à soy-mesme par ses paroles, par sa conduite. "Il nous a conté son affaire, & en nous parlant il s'est enferré luy-mesme. laissez les venir, laissez- les parler, ils s'enferreront d'eux-mesmes".
Emplacement dans le dictionnaire :
| enfantelet enfantement enfanter enfantillage enfantin enfariné enfariner | enfer enfermer enfieller enfiévrer enfilade enfilage | enfiler enfileur enfin enflamme enflammer enfle enfle-boeuf |
Quelques citations relatives :
Citation n°1 de Henri MURGER (Scènes de la vie de bohème)...-d'ailleurs, ajouta-t-il, la vertu de madame était une sûre barrière qui... -oh ! Dit le cafetier avec un sourire d'orgueil, ma femme a été élevée à Saint-Denis. Bref, Colline acheva de l'enferrer complétement dans les replits de son éloquence insidieuse, et tout s'arrangea sur la promesse que les quatre amis ne feraient plus leur café eux-mêmes, que l'établissement recevrait désormais le...
Citation n°2 de Louis MÉNARD (Rêveries d'un païen mystique)
...on croit sans preuve, on est un mystique et non un philosophe. Moi. Je ne crois pas sans preuve ; toute oeuvre suppose un ouvrier ; l'admirable ordonnance de l'univers... Lui. Prenez garde de vous enferrer : vous parlez maintenant de l'ordre et de la beauté du monde, et tout à l'heure vous allez être obligé d'en imaginer un autre où il n'y aura ni tigres ni vipères, ni vieillesse ni maladies ; un...
Citation n°3 de Louis MÉNARD (Rêveries d'un païen mystique)
...tigres ni vipères, ni vieillesse ni maladies ; un monde revu et corrigé, où le créateur réparera les erreurs qu'il a commises dans celui-ci. Moi. N'anticipons pas, s'il vous plaît, et laissez-moi m'enferrer à mon aise. Vous avez une singulière façon de discuter : vous enjambez toutes les questions, vous éludez toutes les difficultés. Mais vous avez trop beau jeu à battre en brèche mes croyances ; je ne...
Citation n°4 de Jean-Jacques BARTHÉLEMY abbé (Voyage du jeune Anarchasis en Grèce dans le milieu du 4e siècle avant l'ère vulgaire : t. 1, 2, 3, 4)
...retentir la forêt, et celle des chasseurs qui s'approchoient pour lui lancer des traits et des pierres. Bientôt après il fondit sur Moschion, qui l'attendit de pied ferme dans le dessein de l'enferrer ; mais l'épieu glissa sur l'épaule, et tomba des mains du chasseur, qui sur le champ prit le parti de se coucher la face contre terre. Je crus sa perte assurée. Déja le sanglier, ne trouvant point...
Citation n°5 de Honoré de MIRABEAU comte (Lettres originales écrites du donjon de Vincennes pendant les années 1777, 1778, 1779, 1780)
.... Avec M De R il ne faut qu'aller droit à son but. Ne le suivez point dans ses pesantes gambades : la moindre apparence de contradiction le met en fureur : il écume ; modérez-vous, laissez-le enferrer : soyez ferme, bientôt il sera souple et rampant ; vous n'obtiendrez rien que de vaines promesses, mais il vous craindra ; si vous fléchissez, il vous opprimera : si vous donnez prise, il vous...
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